Séparation
13. Avril 2011
J'ai vécu cette situation, mais je n'avais pas encore d'enfants. Mon ex-mari
avait aussi des problèmes psychiatriques et les choses devenaient de plus en
plus difficiles. J'avais échafaudé tout un plan de sortie "en douceur" et un
autre pour une situation de crise. Finalement, il est entré en crise, je
craignais pour ma sécurité et j'ai pris mes cliques et mes claques sans le
prévenir.
Mais je savais exactement ce que j'avais à faire, j'ai pu réunir tout ce qu'il
me fallait en 1/2h, papiers, objets auxquels je tenais, vêtements et hop! La
suite n'a pas été facile, parce qu'il m'a encore harcelée au téléphone, mais
j'étais en sécurité.
J'étais restée longtemps (7 ans) avec lui parce que je pensais qu'il avait
besoin de moi. Mais, à force, je n'avais plus aucun amour pour lui et je lui en
voulais de me faire régulièrement vivre un quasi-enfer. Il n'était pas violent
physiquement, mais psychologiquement, par exemple il était capable de me tenir
éveillée des nuits entières en me lançant des accusations et des menaces... Ses
absences étaient un soulagement pour moi. J'ai tenu jusqu'au point de
non-retour, mais rétrospectivement je ne le regrette pas, j'ai la conscience
tranquille, je ne me sens pas responsable de l'échec de notre relation. Par
ailleurs, même si ça a été très difficile pour lui dans les mois qui ont suivi,
maintenant il me semble qu'il ne va pas plus mal que lorsque nous étions
ensemble. Son état n'avait rien à voir avec moi et je n'avais aucune raison de
me sentir responsable de lui, ni de culpabiliser en me disant qu'il avait besoin
de moi.
Évidemment, chaque cas est différent. Je me demande souvent ce que j'aurais fait
si nous avions eu des enfants, mais peut-être que tout simplement j'aurais tenu
moins longtemps avec lui, que j'aurais atteint plus vite le bout de mes
forces... Tandis que là, j'étais un peu son "infirmière", je m'occupais
exclusivement de lui. Si j'avais eu des enfants, j'aurais été obligée rapidement
de faire un choix. Mais évidemment la séparation n'aurait pas été si simple.
Sur le plan professionnel et sur le plan de l'amitié, c'était une
période très riche et heureuse pour moi. Et je n'ai pas non plus que de mauvais
souvenirs de mon ex. Sans cela, ça aurait été intenable et je serais
certainement partie très rapidement.
Enfin, même si j'ai "gaspillé" une partie de ma jeunesse avec lui (= de 27 à 34
ans), j'ai rencontré mon mari actuel peu après, avec lequel j'ai 2 enfants. La
vie est faite d'expériences, bonnes et mauvaises, et tout ne se résume pas à la
vie de couple: il y a 6 milliards d'autres humains sur terre, des cultures
différentes des nôtres, des animaux, des paysages magnifiques, des livres, des
films, de la musique, des odeurs délicieuses, bref plein de choses qui
permettent de continuer à être bien dans sa tête.
De toute façon, j'ai assisté à des situations bien pires que mes problèmes de
couple: la démence sénile de mes deux parents, la souffrance de mon frère, et
maintenant les problèmes de ma nièce, sans compter les couples d'amis avec
enfants qui se déchirent, les génocides qui se déroulent devant nos yeux à la
télé, la dame qui vit dans la rue en bas de chez ma copine, les chats errants
dévorés de puces que nourrit le voisin...
Lors de ma séparation, je m'entendais bien avec ma belle-soeur, mais quand elle
a commencé à me téléphoner pour me demander de "reprendre" son frère, j'ai coupé
les ponts...
L'homme ne reste pas seul, il a sa famille. Probablement, s'il n'arrive pas à se
débrouiller tout seul, c'est qu'il a pris l'habitude de se reposer sur sa femme.
Comment faisait-il avant de la rencontrer? Et s'il n'y arrive vraiment pas, que
quelqu'un (lui, ses parents, son médecin???) prenne RDV pour lui avec une
assistante sociale...