Chicoine

Publié le par ubulechat

7. Décembre 2010

 

Mes reproches: je trouve les recettes éducatives de JF Chicoine, pour le
moins, truffée de contradictions. Sinon, il me semble souvent extrêmement
prescriptif et culpabilisant. Bon, je vois bien d'où viennent ces recettes,
la plupart des bouquins sur l'éducation disent la même chose. Simplement, vu
ce qu'on vécu les enfants adoptés, ils mériteraient peut-être qu'on
réfléchisse un peu plus longuement avant de tout recopier.

La "loi des cartes" (cf le "florilège"), ça vient de Chicoine (
http://shani.idahocline.com/2006/05/26/conference-du-docteur-chicoine/).
Évidemment, dans l'exemple que je citais, les parents l'avaient mise à leur
sauce (et appliquée à un enfant de 2 ans qui ne devait pas y comprendre
grand chose).
On retrouve une variante de la même méthode de la page 339 à la page 442 de
son bouquin.

Le chapitre 12 de son livre, sur l'adaptation de l'enfant, commence de
manière intéressante, qu'on soit d'accord ou pas ("L'attachement a beaucoup
plus à voir avec un sentiment profond de sécurité qu'avec le sentiment
d'être aimé"). Malheureusement, au lieu d'expliciter cette réflexion, la
suite du chapitre se limite à une espèce de catalogue de petites recettes
éducatives pour le moins discutables.
D'abord il s'enferme dans un cadre rigide: il *faut* prendre un congé
parental d'un an (je suppose que c'est que prévoit la législation
québécoise...) - moins c'est insuffisant, plus ça doit être nuisible pour
l'enfant -, l'attachement doit être formé en 6 mois, au delà il faut
commencer à préparer l'enfant à son mode de garde en pratiquant des
"abandons" thérapeutiques (ses propres termes, p. 329).
Là je m'inquiète: quid des enfants très insécurisés auxquels il faudrait
non pas des mois mais des années pour que l'attachement se forme (et dont il
est question ailleurs dans le livre)? L'attachement est très graduel et plus
ou moins long selon les enfants. Je trouve ce délai parfaitement arbitraire
et sans grand fondement.
Avec le sommeil, c'est pareil, il commence par admettre la spécificité des
enfants adoptés ("S'être endormi dans les bras de sa maman biologique, puis
s'être réveillé abandonné la nuit sur une place publique ou avoir pleuré de
faim, de froid ou de mal pendant plusieurs nuits dans un lit d'orphelinat
sont des ancrages qui laissent des traces chez un enfant adopté". p. 334)
mais ensuite je ne peux plus le suivre.
En particulier, j'y vois des affirmations sans fondement, par exemple: "(à
propos des terreurs nocturnes) A noter que l'intensité de la crise ne veut
pas dire que l'enfant souffre beaucoup" (p. 335) Mais qu'en sait-il, la
souffrance c'est extrêmement subjectif et que sait-on de ce que vivent les
enfants pendant ces terreurs nocturnes, puisque de toute façon ils sont
incapables d'en parler ensuite? Cette affirmation relève plus de la croyance
que de connaissances scientifiques, à mon avis.

Exemples de passages qui me font bondir:
"...des techniques d'encadrement, qui consistent par exemple à utiliser un
coin pour la mauvaise humeur, favorisent l'apprentissage de l'obéissance et
surtout du contrôle sain des émotions". (p. 330)
Pardon???

" Évitez à tout prix de le coucher dans votre lit: il y sera encore à son
adolescence!" (p. 338)
Ah ah ah!

 

"Ne faites surtout pas l'erreur d'attendre que l'enfant tombe endormi
d'épuisement sur le canapé du salon vers 23h. Ce serait créer de très
mauvaises habitudes." (p. 338)
Lesquelles?

"Surtout, nous ne le répéterons jamais assez: n'amenez pas l'enfant dormir
dans votre lit. Il s'agit d'une solution facile et gratifiante à court
terme, car vous répondrez aux insécurités de l'enfant et aussi à votre
besoin très légitime de dormir enfin. Par contre, vous maintenez l'enfant
dans une relation où il comprendra que, s'il n'est pas collé à vous, il est
en danger. Vous entretenez l'angoisse de la séparation plutôt que de la
régler". (p. 339)

J'arrête là, parce que même si le reste de la page 339 et les suivantes
valent leur pesant d'or, ça prend trop de temps à recopier!

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Publié dans Adoption

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