Adoption?
Je suis maman adoptive et comme toi j'avais un enfant bio avant d'adopter. Je
peux essayer de répondre à tes questions et n'hésite pas à m'en poser d'autres
si nécessaire.
Avant toute chose, je te signale le pendant de cette liste pour les parents
adoptifs "conscients":
Adoption-un_lien_se_tisse
Et le livre de Cécile Flé (également présente sur cette liste), qui en est la
modératrice:
http://www.editions-instant-present.com/cr%C3%A9er-des-liens-p-8.html
(une nouvelle édition est en préparation, mais je ne sais pas pour quand)
J'ai personnellement beaucoup de réserves concernant la demande d'agrément, mais
elles concernent la Belgique, où nous vivons (même si nous sommes français). Je
suppose toutefois que les choses ne sont pas très différentes en France. En
gros, je trouve que, loin de préparer les parents, cette procédure est
inadaptée, parce qu'humiliante. Drôle de manière de nous préparer à accueillir
un enfant!
Ceci dit, lors de cette procédure, je vous souhaite de tomber sur quelqu'un
d'ouvert et de tolérant et vous obtiendrez cet agrément, ce qui n'est somme
toute pas si difficile. Personnellement, j'ai été très "discrète" sur mon mode
de parentage. Mais à vrai dire cela n'a pas eu l'air de trop intéresser la psy
et l'assistante sociale lors des entretiens, sans doute ne leur est-il même pas
passé par l'esprit de nous demander combien de temps j'avais allaité ma fille ou
si nous dormions avec elle... Par contre, je pense que certaines pratiques comme
le portage, le refus des punitions corporelles ou la pratique de la
communication non-violente peuvent vous attirer des sympathies de la part de ces
personnes (mais c'est une supposition de ma part). Pour l'IEF, je vois déjà
venir l'objection: "ne craignez vous pas de marginaliser encore plus un enfant
qui l'est déjà?"
Attendez-vous également à des questions concernant le "deuil de l'enfant
biologique" ou bien, si vous pouvez encore avoir des enfants bio, à des
questions très personnelles sur les raisons qui vous poussent à adopter un
enfant alors que vous pourriez en fabriquer un vous-même. Il y aura également
des questions sur votre vie de couple, vos rapports avec vos parents...
L'assistante sociale viendra chez vous se rendre compte si votre logement est
apte à accueillir un enfant. Bref, à vous de trouver des réponses à toutes ces
questions qu'on va vous poser et de les convaincre que votre projet d'accueillir
un enfant tient la route.
Mais le plus difficile sera, comme pour tous les candidats à l'adoption,
d'obtenir par la suite qu'on vous confie un enfant. En adoption internationale,
beaucoup de pays exigent des futurs parents des "garanties financières", par
exemple, ce qui peut constituer un obstacle si vous ne travaillez pas. Vous
pouvez aller sur les sites de l'AFA et de EFA pour voir quelles sont les
conditions selon les pays:
http://www.agence-adoption.fr/home/
http://www.adoptionefa.org/
Je ne connais pas trop l'adoption interne (en France), mais peut-être est-ce une
solution pour vous, en particulier si vous pouvez envisager d'adopter un enfant
"grand" (un critère élastique, mais je crois qu'on peut parler d'enfant grand à
partir de 5 ans - quel âge a votre fille?) ou "à particularité" (porteur d'un
handicap).
Ah oui, et j'oubliais au passage de mentionner qu'il y a d'autres pistes à ne
pas négliger, au cas où les tracasseries de la procédure d'adoption vous
décourageraient: devenir famille d'accueil ou encore le parrainage de
proximité...
8. Janvier 2011
http://fr.groups.yahoo.com/group/Adoption-un_lien_se_tisse/
Pour le revenu minimum, comme je le disais, ce n'est pas tant au niveau de
l'agrément que ça coince, que pour la constitution d'un dossier à envoyer dans
un pays pour l'adoption étrangère.
10. Janvier 2011
Dans certains pays, l'adoption est gratuite (mais il faut
financer les billets d'avion et le séjour sur place...)
De toute façon, la sélection des candidats à l'adoption est rude et ne se joue
pas que sur ce critère, loin de là. Age des candidats, situation maritale,
préférences par rapport à l'âge de l'enfant, stérilité du couple, présences
d'autres enfants... sont les critères les plus décisifs, généralement fixés par
les autorités des pays d'origine des enfants, parfois par les organismes agréés
en France, qui font ainsi un "tri" parmi les candidatures très nombreuses.
Et effectivement, "n'adopte pas qui veut" = il n'existe pas de droit à adopter.
Beaucoup de couples obtiennent l'agrément, sans jamais parvenir à se voir
confier un enfant.
Mais bon, on a tous à l'esprit les "people" qui adoptent sans aucune
difficulté...
11. Janvier 2011
Pour l'Inde, je suppose que cette somme correspond au remboursement des "frais
d'entretien" de l'enfant à l'orphelinat jusqu'à son adoption - ce n'est pas un
prix d'achat! D'ailleurs, vu la durée de la procédure, on est prévenu longtemps
à l'avance de la somme qu'il va falloir verser et on a plusieurs années pour
mettre de l'argent de côté en prévision de cette "dépense".
Je pense que la plupart des parents adoptifs sont maintenant largement informés
sur d'éventuels troubles de l'attachement et sur les risques qu'il y a à ce que
l'enfant ne fasse pas la distinction entre ses parents et les personnes qui le
gardent, si on ne prend pas le temps de tisser des liens solides avec lui.
La plupart des parents adoptifs que je connais prennent le maximum de temps pour
leurs enfants (dans la mesure du possible, et on a toujours l'impression que ce
n'est jamais assez, il est vrai...): congé parentaux (j'ai pris 9 mois pour un
enfant arrivé à 2 ans 1/2) et "lèvent le pied" ensuite (3 ans après l'arrivée de
notre fils, je travaille 2 jours 1/2 par semaine en moyenne et jamais pendant
les vacances scolaires). Franchement, après être passé par toutes ces
tracasseries avant de voir arriver l'enfant, qui a envie de le mettre à la
crèche 5 jours par semaine, 9 heures par jour? Une fois qu'il est là, il devient
la priorité.
Pour en revenir à l'Inde, les personnes que je connais ou dont j'ai entendu
parler, ayant adopté dans ce pays ces dernières années, ont des enfants à
particularité (handicap: enfant aveugle) ou des fratries d'enfants déjà grands
(3 filles de 5, 7 et 9 ans) - des situations qui exigent encore plus de
disponibilité de la part des parents qu'un enfant arrivé seul, jeune et en bonne
santé...
Mardi 3. Mai 2011
Je pense que c'est un peu en train de devenir le discours dominant sur
l'adoption dans les médias. Il n'y a pas que les solos, les "vieux" parents
aussi étaient visés...
La "croisade" de Pierre Lévy-Soussan, à propos de l'adoption en Haïti allait
dans le même sens: